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L’héritage du Réseau DEW - Histoire de la Ligne DEW

Le réseau DEW a un impact considérable et persistant sur chaque personne, communauté et lieu impliqués. À mesure que les stations ferment, le signal se perd pour certaines personnes. Pour d’autres, l’héritage du Réseau DEW se fait encore sentir.

Pour servir ses propres objectifs, le gouvernement canadien force les Inuits à s’établir de façon permanente près des stations du Réseau DEW. Les Inuits comptent sur le savoir traditionnel — Inuit Qaujimajatuqangit (savoir traditionnel) pour les guider dans les moments difficiles.

Pour les quelques femmes et les hommes qui sont venus dans le Nord pour travailler aux stations du Réseau DEW, leur expérience dans l’Arctique change souvent leur vie.

L’exploitation du Réseau DEW laisse derrière un héritage de déchets toxiques. Le gouvernement transporte des millions de tonnes de fournitures dans l’Arctique. Lorsque les stations ferment dans les années 1980 et 1990, le gouvernement n’a pas de plan de nettoyage .

Les Inuits aujourd’hui

Aujourd’hui, les Inuits affirment leur droit de vivre sur leurs terres traditionnelles, de se gouverner et de vivre selon leur savoir traditionnel — Inuit Qaujimajatuqangit.

Des milliers de barils de pétrole rouges métalliques se dressent en avant-plan d’un paysage extérieur ; un homme se tient derrière eux. À distance, d’autres barils sont empilés en une longue rangée et, au-delà, le radôme et l’antenne d’une station du Réseau DEW se dressent contre le ciel.Brenda Panipakachoo, de Parcs Canada, forme des gardiens inuits de Gjoa Haven à la navigation sécuritaire. Photo avec l’aimable autorisation de Tamara Tarasoff

À partir des années 1950, les Inuits s’organisent et contestent l’inégalité et le racisme systémiques. Les leaders inuits font pression sur le gouvernement canadien pour contrôler davantage leurs vies. Leurs efforts se poursuivent encore aujourd’hui.

L’impact du travail salarié

Dans le cadre des efforts pour regrouper et contrôler les Inuits, les autorités canadiennes implantent un nouveau système qui leur est étranger : le travail salarié. Les Inuits doivent acheter des biens dispendieux dans des magasins non gérés par les Inuits. Bien que les Inuits réintègrent leurs valeurs traditionnelles dans la vie quotidienne, comme cet évènement local de partage de poisson dans le gymnase d’une école, le système salarial non inuit interfère tout de même avec la mobilité, l’alimentation, l’éducation et la santé.

Un héritage toxique

Tous les matériaux de construction du Réseau DEW, les bâtiments, l’électronique, le carburant, les véhicules, les meubles et des décennies de fournitures, y compris de la nourriture, sont restés dans l’Arctique.

Deux véhicules abandonnés reposent dans un paysage de toundra ; plusieurs barils oranges sont à proximité, entourés de neige.D’innombrables véhicules abandonnés, des barils de déchets toxiques et d’autres débris sont laissés derrière. Photo avec l’aimable autorisation de Martin Allinson

Les autorités canadiennes et américaines sont fières d’avoir construit le Réseau DEW si rapidement. En 18 mois, on construit des pistes d’atterrissage et des quais pour expédier des millions de tonnes de matériaux dans le Nord.

Elles laissent tout derrière lorsque les stations ferment.

On pousse des véhicules dont on ne veut plus sur la glace, on abandonne des barils qui laissent s’écouler du pétrole qui s’infiltrera dans la terre et on laisse des déchets toxiques bruts se dégrader, souvent à l’air libre.

Brian Jeffrey décrit le déversement de déchets le long de la ligne DEW dans les années 1960.

Brian Jeffrey - Les dépotoirs

La vidéo s’ouvre sur une image de Brian Jeffrey, vêtu d’un tee-shirt noir, assis dans un salon avec des meubles rembourrés rouges. Il parle de l’élimination des déchets dans les stations du Réseau DEW.

Brian Jeffrey : « Chaque site avait un dépotoir, une zone de déchets, vous pouviez simplement apporter les choses là. Mais tout ce qui allait au dépotoir devait rester au dépotoir. Parce que, je me souviens d’une fois où je me promenais par là et j’ai trouvé des choses que je pensais utiles, du moins pour moi. Et je les ai ramassées et rapportées, mais je ne sais pas comment le mot s’est passé que j’avais ça, des trucs électroniques qui n’avaient aucune valeur. Mais la GRC m’a rendu visite et m’a demandé si j’avais ça, et j’ai dit ‘’oui, j’ai ça’’. Et ils ont dit ‘’tu n’es pas censé avoir ça’’. J’ai dû donner beaucoup d’explications, pourquoi j’avais ça, pourquoi je voulais ça, d’où je l’avais eu, etc., ils étaient doués pour vous faire peur pour quoi que ce soit. Après ça, je n’ai tout simplement rien ramassé d’autre au dépotoir.

« À FOX-CHARLIE, qui était au sommet d’une colline, un transport maritime a apporté un…, je me souviens… un, quel est le nom, pas une motoneige. Il y a un nom pour ça dont je dois me souvenir. Mais au moment où nous sommes arrivés au sommet de la colline, on avait brûlé le moteur. Donc, nous l’avons simplement laissé descendre à nouveau. Et puis on l’a poussé sur la glace. Et puis au printemps, il allait disparaitre. »

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« Le temps où nous avons été activement (par une force extérieure) formés en communautés »

La vie des Inuits avant et après le Réseau DEW

La vie des Inuits se transforme complètement au cours des années de fonctionnement du Réseau DEW.

Pendant des milliers d’années, les principes du savoir traditionnel — Inuit Qaujimajatuqangit — orientent tous les aspects de la vie inuite.

Pendant la Guerre froide, le gouvernement canadien veut avoir un contrôle accru sur l’Arctique. En seulement quelques années, des politiques sont mises en place pour forcer les Inuits à s’installer dans des communautés permanentes. Un mode de vie est alors menacé d’éradication.

Deborah Irqittuq témoigne, en 2008, de la façon dont l’arrivée du Réseau DEW a changé la vie des Inuits.

Deborah Irqittuq - La vie après le Réseau DEW

La vidéo s’ouvre sur une série d’écrans de télévision rétro. De la neige apparait sur l’écran central, puis disparait pour révéler la tête et les épaules de Deborah Irqittuq. Elle parle de la vie après le Réseau DEW.

Deborah Irqittuq : « C’était vraiment comme ça pour eux, je pense que c’était vraiment difficile pour eux.

« Il y a encore des gens qui essaient de garder des chiens, parce que les hommes ne cessent jamais d’aimer les chiens.

« Ils étaient les seuls qui nous permettaient de survivre avant qu’il y ait des magasins.

« Les chiens étaient notre seul moyen de survie et ils chassaient les animaux pour nous quand on se déplaçait dans le territoire. « Leurs maitres attrapaient de la viande pour qu’ils soient bien nourris.

« Pourtant, dans la communauté, les chiens ont été abattus jusqu’à ce qu’il n’y en ait pratiquement plus. »

Les DEW Liners après le Réseau DEW

Certains DEW Liners servent dans le Nord pendant des mois, d’autres pendant des années. Le temps passé au Réseau DEW est transformateur.

De nombreux DEW Liners poursuivent leur carrière dans les communications et l’électronique.

De retour à la maison, certains rencontrent de l’indifférence à l’égard de leur rôle vital pendant la Guerre froide. Leurs familles et leurs amis ne peuvent pas comprendre leur expérience sur le Réseau.

Le Système d’alerte du Nord a remplacé le réseau DEW. Aujourd’hui, de nombreuses personnes observent et surveillent encore les mers et les cieux du Nord.

Marty Atherton a du mal à décrire son expérience au Réseau DEW lorsqu’il retourne dans le Sud.

Marty Atherton - Après le Réseau DEW

La vidéo s’ouvre sur une série d’écrans de télévision rétro. De la neige apparait sur l’écran central, puis disparait pour révéler la tête et les épaules de Marty Atherton. Il raconte comment son service sur le Réseau DEW a eu une incidence sur sa vie par la suite.

Marty Atherton : « Au tout début, c’était juste comme revenir à la vie normale. À la fin, mon esprit n’était pas le même. J’étais juste prêt à revenir et à essayer de me joindre à la société.

« La sensation de pouvoir marcher dehors sans chaussures, l’eau douce, le goût de l’eau, les saisons normales, l’odeur de l’herbe, le son de…, comme le vacarme d’une ville, ces bruits de voitures et de gens qui klaxonnent, juste arriver à l’aéroport de Winnipeg et, pas parce que Winnipeg, à l’époque du moins, était un aéroport vraiment grand, mais c’était animé. C’est juste que tout d’un coup, c’est comme sortir de la campagne et vous arrivez à New York, et si vous n’avez jamais… ou ça fait longtemps et que vous êtes tout à coup comme… ouvrez la porte. Vous êtes surpris par tous les sons et tous les bruits et les odeurs, je veux dire.

« Après deux ans et demi, j’avais assez économisé et j’ai acheté ma première maison pour qu’elle génère des bénéfices, et heureusement, j’ai survécu. Je me souviens avoir parlé à des gens là-haut, du fait qu’ils allaient sortir, et qu’ils partiraient en vacances pour deux semaines et demie. La compagnie les emmènerait à Miami ou n’importe où et ils feraient une croisière, ou ils iraient en vacances quelque part, et ce serait leur temps libre. Je n’avais pas encore vraiment l’argent, et j’avais un plan pour essayer d’acheter une maison, donc je n’ai pas fait ça, mais je peux voir la valeur de leur projet.

« J’aurais probablement dû en profiter un peu. »

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